La vie d’un homme.

Roman en cours d’écriture.

Une nouvelle page publiée chaque semaine. Accès à chaque page séparément en bas de page.

La vie d’un homme.

Cette phrase le hantait comme une âme chantante.

La vie de cet homme-là, avec des moments qui n’appartiennent qu’à lui, seul face à une pensée, une émotion, une prière. Pourquoi prie-t-il ? Est-ce la prière qui tient le monde ? Quelles énergies invisibles sont à l’œuvre, agissant en sous-main ?

Le vide apparent qui sépare les planètes n’est-il qu’un lubrifiant assurant sans répit à cet ensemble ultime, le fonctionnement d’un engrenage bien huilé, quasi éternel.

Il scrute les étoiles du ciel, la voie lactée comme pour y trouver une réponse. Combien comme lui sondent le néant les soirs d’été, lorsque la chaleur du jour a écrasé les corps, épuisé les forces, rincé chaque volonté, l’ordre de chaque chose.

L’homme se tenait là, sur la terrasse de sa maison, nimbé des vapeurs d’un cigare, savourant la fraîcheur montante du soir au seuil d’une nuit profonde mais sertie d’étoiles. Certaines, filantes, guidaient son regard à l’horizon, d’où se détachaient en ombres chinoises, les contours encrés de la montagne.

La pleine lune pointait sa bouille ronde. Des hululements se répandaient dans l’obscurité à intervalles réguliers.

Par moments, il entendait sa respiration, plus prégnante que le reste. Un souffle de vie, celui de l’homme. En lui-même, il se disait, oui l’homme c’est d’abord un souffle, un cri, parfois un halètement, une brise régulière, une pression voire une oppression dans la poitrine, un essoufflement, une suffocation.

Ou bien un ronflement régulier et paisible, un courant d’air rythmé à l’aune d’un cœur battant.

C’est cela.

L’homme c’est d’abord un souffle. Cette pensée s’imposait comme une évidence tandis qu’il observait les volutes de fumée de son cigare s’estomper dans le contre-jour lunaire.

Les poumons, cet accordéon ! Une masse volumique, celle la plus conséquente du corps ! Un jour, cet instrument rendrait son dernier souffle en expirant et l’homme avec ; sans musique. Dommage !

Cette pensée le quitta rapidement tant la nuit était belle et porteuse de promesses infinies.

Sa nuit à lui avait démarré longtemps auparavant mais il n’y pensait pas.

Il s’endormit dans le hamac.


%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close